Copé face à une burqa chez Ardisson

Copé face à une burqa chez Ardisson

Le député a argumenté sa proposition d’interdiction de la burqa sur la voie publique… face à une burqa. Sous cette chose, il y a semble-t-il une femme, étudiante en droit, Dalila de son prénom, invitée chez Thierry Ardisson dans Salut les Terriens sur Canal+ pour débattre avec Jean-François Copé. Ce dernier a pu lui exposer son argumentaire, les yeux dans les yeux. Je vous laisse voir la vidéo, et j’expose brièvement ma position sur les signes religieux, plus radicale encore (donc plus cohérente) que celle de l’élu UMP.

Un moment assez remarquable dans la télévision française.

Je suis d’accord avec Copé quant à la nécessité républicaine de ne pas cacher son visage.
En revanche, je pense que la laïcité n’a rien à faire là-dedans. Je pense que la définition qu’il en donne est édulcorée et il n’utilise ce concept que pour renforcer apparement son discours. Pire, c’est une disposition anti-laïque parce que pas radicale.

Or, si l’on rappelait la définition originelle de la laïcité, il faudrait aller plus loin. Je l’avais déjà évoqué mon interprétation dans mon billet pour 2010 : le principe de laïcité signifie que la sphère religieuse ne doit pas s’immiscer dans la sphère civile ; l’État doit y veiller.
J’ajoute même que la proposition de Copé, seule, va à l’encontre de la laïcité. Car la seconde dimension de la laïcité, c’est de ne pas traiter différemment les signes islamiques des signes juifs ou chrétiens entre autres. Ainsi, puisque je suis un vrai laïc (pas quelqu’un qui utilise ce mot pour sa bonne conscience), je suis pour l’interdiction de la burqa, mais également l’interdiction de la kippa et des croix en pendentif quand elles sont visibles. Chacun a le droit d’intégrer une communauté, qu’elle soit religieuse, politique, associative, sociale,… Mais le principe de laïcité distingue les communautés religieuses des autres communautés. L’État a alors le devoir (du fait de ce principe de laïcité) et la légitimité (c’est une institution élue, contrairement aux Églises) de faire respecter cette séparation dans l’espace public. La revendication des convictions religieuses, notamment en affichant des signes religieux, doit donc être restreinte à la sphère privée, à l’intime, entre les murs de nos maisons. La laïcité est une notion fondamentalement de gauche, mais la gauche contemporaine n’a pas la droiture nécessaire pour assumer son identité et échoue ici encore par trop plein de bien-pensée.

Au fait, j’ai fait une petite recherche google sur le prénom « Dalila », et le premier résultat, c’est une page sur Dalila… l’actrice porno. Vous croyez que c’est elle sous le morceau de tissu ?…

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